Séchée en bouquet renversé, ma marjolaine a mieux tenu qu’au déshydrateur

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Dans le garage de l’Herbier sous la Rochette, à Champagnole, j’ai suspendu deux bouquets de marjolaine cueillie juste avant la floraison. J’ai senti les tiges fraîches coller un peu à mes paumes, puis j’ai vu la fenêtre entrouverte laisser passer un air sec. Je suis partie sur un essai simple, un bouquet renversé et un lot au déshydrateur à 40 °C. Je voulais voir, chez moi, ce qui gardait le mieux le vert, la feuille entière et le parfum rond pour ma cuisine de tous les jours.

Comment j’ai procédé pour ce test de séchage

Un samedi matin de 15 °C, j’ai coupé les tiges quand la rosée avait déjà quitté les feuilles. Je sais que la marjolaine me pardonne mal les gestes approximatifs. J’ai gardé deux bouquets presque jumeaux, chacun d’environ 30 cm et quinze brins, pour ne pas fausser le test. Dans ma maison de Champagnole, mon compagnon et mes deux grands enfants mangent mes herbes toute l’année, alors je les juge aussi à l’assiette.

J’ai suspendu le premier bouquet dans mon garage non chauffé, à l’ombre, avec l’air qui circulait par une fenêtre entrouverte. J’ai serré la ficelle fine juste ce qu’il faut, pour garder un bouquet aéré et éviter le paquet compact. J’ai mis l’autre lot dans mon déshydrateur domestique, puis j’ai vérifié la chaleur avec un thermomètre séparé. J’ai aussi posé une balance de cuisine sur le plan, parce que le volume chute énormément et qu’un poignet frais devient vite une petite poignée sèche.

Je voulais mesurer trois choses, et je les ai notées au fur et à mesure. J’ai regardé le moment où les tiges cassaient net, pas avant, puis j’ai comparé les feuilles entières, les miettes et la couleur sous la même lumière. J’ai aussi froissé chaque lot entre mes doigts, parce que la marjolaine ment moins au froissage qu’à l’œil. Je surveillais enfin l’odeur de cave, le brunissement et les petites feuilles qui se décollent avec un petit craquement.

J’ai ajouté un bocal en verre propre pour la fin, puis j’ai pris une photo sur une feuille blanche avant le stockage. Je me suis retrouvée avec deux gestes très différents pour la même plante, et c’est ce contraste qui m’intéressait. Je ne cherchais pas à aller vite, je cherchais une marjolaine qui tienne encore sa place dans ma cuisine. Avec mes deux grands enfants, j’avais déjà vu trop d’herbes finir en poussière au fond du pot.

Le jour où j’ai compris que le bouquet renversé tenait mieux que prévu

Au troisième jour, j’ai eu le premier doute avec le bouquet renversé. De surface, il était sec, mais le cœur gardait encore un peu de souplesse, alors que le lot au déshydrateur paraissait plus avancé. Dans le même temps, j’ai noté une odeur de foin chauffé sur l’appareil, tandis que le bouquet suspendu restait plus net et plus végétal. Je me suis sentie partagée entre impatience et soulagement.

Au sixième jour, le bouquet renversé cassait net entre mes doigts, avec ce petit craquement sec que j’attendais. Le lot du déshydrateur était cassant dès le deuxième jour, mais ses feuilles se réduisaient plus vite en miettes. J’ai vu aussi la différence de couleur, avec un vert clair qui tenait encore dans le bouquet suspendu et un vert terne, presque jaunâtre, dans l’appareil. Une tige qui plie encore, chez moi, veut dire que j’attends.

Quand j’ai ouvert le premier bocal au bout d’une semaine, j’ai froissé une pincée de marjolaine dans ma paume. Le moment où j’ai froissé une pincée de marjolaine en sortant du bocal, et que le parfum frais et rond m’a sauté au nez, c’était clair : le bouquet renversé avait gardé bien plus de vie aromatique que le déshydrateur. J’ai été convaincue à cet instant, parce que l’odeur montait tout de suite, sans note sèche qui écrase le reste.

J’ai versé les deux lots sur une feuille blanche et j’ai vu tout de suite la poussière verte sous le lot passé au déshydrateur. Le bouquet renversé laissait surtout des feuilles reconnaissables, alors que l’autre donnait plus de fragments ternes. J’ai aussi remarqué que le volume final tenait dans un petit bocal, bien loin du bon poignet frais du départ. C’est là que j’ai compris, à l’œil nu, que la lenteur protégeait mieux la feuille.

Ce que j’ai raté avant de comprendre comment bien faire sécher en bouquet

Mon premier essai a raté parce que j’avais fait un bouquet trop dense. Au bout de 11 jours, le centre gardait une humidité sourde et une odeur de végétal mouillé, presque de cave, alors que l’extérieur paraissait prêt. J’ai séparé le paquet en deux et j’ai re-suspendu les tiges pour remettre de l’air au milieu. Je suis devenue plus stricte sur la taille du bouquet après ça.

J’ai aussi raté le premier passage au déshydrateur en commençant à 45 °C. Certaines feuilles ont bruni dès la première nuit, et le parfum a tiré vers le foin sec, sans la rondeur que j’attendais. J’ai baissé à 40 °C, puis j’ai réduit la charge de chaque plateau. Après cela, j’ai laissé finir à l’air libre pendant quelques heures, et j’ai gardé des feuilles moins cassées.

J’ai vraiment cru que mon bouquet renversé allait finir en compost prématuré, quand l’odeur de cave s’est installée au centre, mais en ouvrant délicatement et en séparant les tiges, j’ai pu sauver la majorité. Je me suis retrouvée avec un lot encore valable, alors que j’avais presque tout jeté de la main. Je parle ici de cuisine, et pour un usage médicinal de la marjolaine, je laisse cela à un professionnel de santé. Cette frayeur m’a rappelé que le séchage lent demande du vide autour des brins.

J’ai aussi laissé un petit lot attendre trop longtemps après la cueillette, et les brins ont flétri avant même le séchage. Les feuilles se décollaient plus mal, tombaient en miettes au fond du torchon et donnaient une récolte plus pauvre. Depuis, je passe du jardin au séchage sans traîner, surtout avec la marjolaine qui s’abîme vite au tri. J’ai fini par noter ce piège dans mon carnet, parce qu’il revient dès que je relâche un peu le rythme.

Trois semaines plus tard, mon verdict sur la marjolaine séchée

Trois semaines plus tard, le bocal de la marjolaine suspendue gardait encore un vert plus franc dans ma cuisine. Le lot du déshydrateur avait pâli, et son odeur me semblait plus sèche, moins arrondie à l’ouverture. J’ai rangé les deux bocaux sur la même étagère, loin de la plaque, pour juger la tenue sans tricher avec la chaleur. Dans mon potager d’aromatiques au bord de la maison, j’aime ce genre de test qui continue même après la fin du séchage.

J’ai testé les deux marjolaines dans une sauce tomate simple, puis sur des pommes de terre rôties au four. Celle du bouquet renversé a tenu un parfum plus net, plus rond, même après cuisson, et mes deux grands enfants l’ont remarquée avant moi. Celle du déshydrateur n’était pas mauvaise, mais elle semblait plus plate, presque vite rangée au second plan. J’ai senti la différence dès la première bouchée, sans avoir besoin d’en faire trop.

J’ai appris que je choisis cette méthode quand je cherche la meilleure feuille, pas la vitesse. Pour quelqu’un qui accepte d’attendre 6 jours et de surveiller la tige, le bouquet renversé m’a paru plus juste. Je suis devenue plus exigeante sur la taille des bouquets, et je garde le déshydrateur pour les jours où je manque de place ou quand l’air est lourd. Je n’ai pas testé ici le séchage étalé à plat ni le micro-ondes, parce que je voulais rester sur deux gestes que je pratique vraiment.

Au bout de mon test, j’ai été convaincue par le bouquet renversé. Il m’a laissé plus de feuilles entières, moins de poussière verte et un parfum plus rond dans le bocal. Le déshydrateur va plus vite, mais je dois le surveiller de près, sinon la marjolaine ternit et perd du relief. À Champagnole, pour l’Herbier sous la Rochette, je garde donc le bouquet renversé pour la marjolaine, et je réserve l’appareil aux journées pressées.

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La rédaction