Congelée en glaçons d’huile, ma ciboulette a tenu jusqu’au printemps

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Congelée en glaçons d’huile, ma ciboulette a claqué sous le couvercle d’un bac Ikea, un samedi d’octobre où le jardin se vidait. J’ai voulu savoir si cette réserve tiendrait cinq mois, jusqu’aux premiers bouquets du marché qui me manquent en hiver. J’ai suivi un petit protocole et noté trois critères : l’humidité, le démoulage et le parfum. J’étais sûre de moi en ouvrant le bac, et pourtant j’ai découvert tout de suite que l’humidité changeait tout.

Ce que j’ai fait pour congeler ma ciboulette en glaçons d’huile, protocole étape par étape

Je suis rentrée du jardin avec une coupe généreuse dans mon potager d’aromatiques, juste après une matinée où les tiges commençaient à se coucher. J’ai lavé la ciboulette vite, puis je l’ai séchée dans un torchon propre, en la pressant sans la froisser, parce que j’avais déjà vu ce que rend une herbe trop mouillée. Ensuite je l’ai ciselée finement, au couteau, sur ma planche en bois, pendant que mes deux grands enfants passaient prendre un brin au passage. Cette première préparation m’a pris 12 minutes, chrono en main, parce que l’herbe était déjà propre et bien égouttée.

Pour l’huile, j’ai pris une huile d’olive bio achetée dans le Jura, avec une odeur discrète, pas une huile parfumée qui aurait pris le dessus. J’ai rempli un bac rigide classique, celui qui traînait dans mon tiroir depuis des années, et j’ai mis une petite cuillerée de ciboulette par alvéole. Je visais une couche mince, sans tasser trop fort, car je voulais que le cube reste maniable à la cuisson. J’ai obtenu 15 portions nettes sur le plateau, ce qui m’a paru pratique pour une omelette ou une petite casserole de pommes de terre.

Entre la coupe et l’arrivée au congélateur, j’ai laissé passer moins de 10 minutes. J’ai ensuite posé le plateau au fond du congélateur du garage non chauffé, où le thermostat affichait -18 °C quand je l’ai vérifié. Le couvercle n’était pas parfait, et j’ai noté le jour sur un bout de ruban, parce que je me connais, j’oublie vite ce que j’ai rangé au fond. Cinq mois plus tard, cette petite étiquette m’a évité une confusion avec un autre bac.

Ce que j’ai constaté en ouvrant mes glaçons d’huile à la sortie du congélateur, entre décembre et mars

J’ai ouvert le bac en décembre avec les doigts déjà froids, et j’ai dû forcer un peu sur le bord du premier cube. Le cube était dur comme une pierre, et j’ai dû le laisser reposer une minute sur le plan de travail avant de pouvoir le détacher sans forcer. J’ai glissé la lame d’un couteau entre le fond et l’huile figée, puis j’ai fini avec les doigts, en sentant une fine pellicule brillante sur le dessus. J’ai été frappée par le choc sec du cube quand il a tombé sur la planche, un bruit net, presque minuscule, qui m’a dit que le froid avait bien fait son travail.

À l’ouverture du congélateur, l’odeur de ciboulette était si présente qu’elle m’a presque surprise, comme si le parfum avait traversé le froid sans faiblir. J’ai vu un vert plus sombre au centre, avec un pourtour un peu foncé sur trois cubes, et j’ai aussi repéré une légère brunissure en surface là où j’avais laissé une herbe trop humide. Je n’ai pas vu de vrais cristaux d’eau dans la majorité des cases, mais sur deux cubes mal séchés, la surface rendait un peu d’humidité au démoulage. Le contraste m’a fait penser, dès ce moment-là, que l’essuyage comptait plus que je ne l’avais admis au départ.

Je me suis retrouvée à verser un cube dans une poêle De Buyer bien chaude, et l’huile a fondu très vite. Le petit choc sec du cube dans la matière chaude m’a servie de repère, puis la ciboulette s’est dispersée d’un coup, sans attente inutile. Dans une omelette, je l’ai sentie plus douce qu’en frais, mais bien présente, avec une note verte qui tenait mieux qu’un simple séchage. Mes deux grands enfants m’ont dit qu’ils préféraient ce goût-là sur des pommes de terre vapeur, parce qu’ils n’avaient rien à hacher eux-mêmes.

Au bout de 3 mois, j’ai ouvert un autre cube qui m’a laissée hésitante. J’ai été frappée par une odeur un peu plate, avec une pointe de gras rance, et j’ai compris que le couvercle avait laissé passer l’air du congélateur. Pas terrible. J’avais laissé ce plateau trop près d’un sachet de légumes, et le bac avait pris des odeurs parasites. Je suis devenue plus stricte après ça, parce que ce défaut-là ne pardonne pas au moment où le cube fond.

Les erreurs que j’ai faites et ce que j’ai corrigé en cours de route

J’ai commencé par une faute toute bête, et je l’ai vue tout de suite au démoulage. J’avais mouillé la ciboulette avant de la couper, puis je l’avais mise directement en huile, et l’eau résiduelle avait formé des cristaux dans les cubes. Le résultat rendait un peu d’humidité, avec un fond moins propre et une tenue moins nette. Depuis, je sèche beaucoup plus longtemps, au torchon, puis je laisse encore la planche respirer avant de remplir le bac.

Mon bac rigide m’a aussi agacée dès la première série, parce que le fond accrochait trop. J’ai été convaincue de passer à un moule en silicone après avoir cassé un cube au bord du plateau, sans rien gagner en cuisine. Le démoulage est devenu plus simple, et je n’ai plus eu besoin de forcer avec la lame ou d’appuyer trop fort avec les doigts. Je me suis dit, un peu tard je l’avoue, que ce détail changeait plus que la recette elle-même.

J’avais aussi ciselé trop gros au départ, par paresse, et le cube restait compact à la cuisson. Quand je l’ai versé dans la poêle, les morceaux se sont répartis inégalement, avec des paquets d’herbe d’un côté et un fond d’huile de l’autre. J’ai corrigé en hachant plus fin, et là j’ai retrouvé une diffusion plus homogène dans l’omelette comme dans une soupe de pommes de terre. J’ai fini par comprendre que la taille de coupe faisait le travail à ma place, ou le sabotait.

J’ai aussi noté une limite quand j’ai tenté le cube dans une salade froide. L’huile figée alourdissait la bouchée, et la ciboulette perdait son côté vif dès qu’elle ne passait pas par la chaleur. Je l’ai mieux aimée en fin de cuisson, dans une sauce d’hiver ou sur un légume chaud, parce que la matière grasse s’y fondait sans écraser le reste. Oui je sais, je m’étais jurée de ne plus remplir les alvéoles à ras bord, et pourtant j’ai recommencé une fois, avec un cube fissuré au bord.

Ce que je retiens de cette expérience et à qui je la recommande vraiment

Mon bilan est net : mes cubes d’huile à la ciboulette ont tenu 4 à 5 mois au congélateur sans perdre franchement leur parfum, et j’ai retrouvé un goût plus frais qu’avec de la ciboulette séchée. La texture reste molle après sortie du froid, et le piquant est moins vif qu’en frais, mais la praticité est réelle quand je veux parfumer un plat sans sortir la planche et le couteau. Dans mon bac Ikea, le geste est resté le même du début à la fin : je casse un cube, je le glisse dans la poêle, et je laisse fondre. J’ai appris, dans ce test, que ce genre de réserve fonctionne surtout quand je pars d’une herbe propre et vite congelée.

Je trouve cette méthode moins adaptée quand je cherche une ciboulette crue, bien vive, ou quand je veux un parfum très tranchant. J’ai vu aussi que la qualité de l’huile comptait beaucoup, parce qu’une huile fatiguée ressort tout de suite après trois mois de froid. Si je cueille une plante pour un usage médicinal, je passe la main à un professionnel de santé, et je garde cette méthode pour la cuisine seule. Là, je reste dans ce que j’ai vraiment testé.

Je la conseille à des personnes qui jardinent et qui ont un congélateur libre, à des familles qui veulent aller vite le soir, et à celles et ceux qui cuisinent une omelette ou des pommes de terre vapeur sans se poser trop de questions. J’y vois aussi une bonne porte de secours quand le pot déborde en fin de saison et que le bouquet du marché a disparu. Si je veux une autre piste, je sèche la ciboulette pour une soupe, ou je la garde nature au froid sur une plaque, mais je ne retrouve pas la même rondeur. C’est cette rondeur qui m’a retenue ici, même avec ses petites limites.

Au bout de ce test, je garde la méthode, surtout pour les soirs froids où je veux aller droit au but. Dans ma cuisine, avec ma poêle De Buyer et mon bac Ikea, la ciboulette a tenu sa place jusqu’au printemps sans me demander plus de travail qu’un couteau, un torchon et un peu d’ordre. Pour quelqu’un qui accepte une texture molle et un goût un peu adouci, je trouve le résultat solide. Je referme donc mon bac avec l’idée de recommencer l’automne prochain, parce que ce geste-là m’a vraiment simplifié l’hiver.

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La rédaction